Escapade dans la salle des Caryatides du Louvre !

Ce n’est pas les œuvres ni les parcours thématiques qui manquent lorsqu’on s’aventure au Louvre. Le musée le plus célèbre du monde et le plus visité fascine chaque année des millions de visiteurs avec  ses quelques 35 000 œuvres exposées sur plus de 15 kilomètres de galeries ! De quoi ne plus savoir où donner de la tête !

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Ces chiffres vertigineux nous font parfois oublier que le musée du Louvre fut tout d’abord un château fort construit par le roi Philippe-Auguste il y a de ça 800 ans. Aujourd’hui démoli, il ne reste que quelques vestiges médiévaux comme les fossés, le puits ou encore le donjon à visiter dans les sous-sols de l’aile Sully du musée.

C’est au cœur de la salle des Caryatides que je vous propose de plonger dès à présent. Chef-d’œuvre architectural de la Renaissance, cette ancienne salle de bal chargée d’histoire marque l’empreinte du roi Henri II, fils de François Ier, qui l’a fit construire en 1549 par Pierre Lescot. Cette pièce, l’une des plus anciennes du musée, se trouve au rez-de-chaussée et doit son nom aux quatre figures féminines sculptées par Jean Goujon pour soutenir une tribune dans laquelle jouaient les musiciens. Lieu de fête, de rencontres mais également lieu de pouvoir puisque c’est très précisément devant la cheminée que s’est tenu Henri III avant d’être élu roi de Pologne en 1573, la salle des Caryatides sert à présent d’écrin aux œuvres d’art grec classique (-480 av. J.-C. à -338 av. J.-C.) et hellénistique (-336 av. J.-C. à -30 av. J.-C.)

Figures mythologiques fixées pour l’éternité qui sont, pour le visiteur, autant d’occasion d’enchanter les appâts de la nudité féminine et masculine, la sculpture grecque possède un pouvoir d’attraction sans équivalent. Paradoxe s’il en est, les puissantes corpulences des hommes recèlent quelque chose d’androgyne. L’Hermaphrodite endormi, aux courbes voluptueuses sur son matelas de velours pourtant dur comme la pierre, en est le plus haut degré. La pose impérieuse de la Diane chasseresse trônant au centre de la pièce, la silhouette ondulée de l’Apollon Sauroctone prêt à occire un lézard trop imprudent ou encore le sourire espiègle de L’Enfant à l’oie permettent d’admirer toute la virtuosité des sculpteurs antiques dans un cadre unique. Lors de votre prochaine visite, imaginez que, derrière toutes ces sculptures, un modèle pris la pose pendant des heures. Les nombreux enfants imitant gaiement la gestuelle des sculptures pendant l’instant photo déchiffrent, sans le savoir, le mystère de la pondération grecque.

Néophytes ou amateurs éclairés, la sculpture antique n’en finit pas de fasciner suscitant l’incrédulité notamment lorsqu’on s’imagine que ces chefs-d’œuvre de marbre blanc étaient peints des pieds à la tête de couleurs très vives ! Pour vous en rendre compte et juger par vous-même, quoi de mieux que de se rendre sur place ?

Alexis Ozouf

Infos pratiques : 

15 euros

Gratuit pour les moins de 18 ans et pour les moins de 25 ans résidant dans l’un des pays de l’Espace Economique Européen sur présentation de la carte d’identité.

S’y rendre :

Musée du Louvre
75058 Paris

En métro :
Lignes 1 & 7 station Palais-Royal/Musée du Louvre

About Clara S.

Créatrice du site Eklektike.com. Je pousse l’exaltation jusqu’à l’auto-flagelation. Une bonne punchline vaut mieux qu'une longue explication.

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