Si Klimt m’était conté… A l’Atelier des Lumières

Un lieu, une expo, quatre yeux, deux histoires.

Samedi, 16h30, Rue Saint Maur, dans le 11ème. Une foule hétéroclite où se mêlent familles bobos, touristes curieux et hipsters apprêtés, s’attarde devant le numéro 38. Trois vigiles assurent la sécurité à l’entrée, et le samedi, si tu n’as pas de préventes, « f’est pas poffible ». Non, ce n’est pas le nouveau « before » à la mode du quartier arty de la capitale. Bienvenue à l’Atelier des Lumières.

Cette ancienne fonderie de fer et d’acier, récemment reconvertie en centre d’art numérique accueille depuis le 13 Avril 2018 les visiteurs au sein de la grande halle du bâtiment.

En tête d’affiche pour l’inauguration : l’oeuvre de Gustav Klimt, projetée taille XXL , et en musique, dans l’espace industriel. On pénètre dans la salle. Noir, générique, et le spectacle commence.

Les 3300 m2 de murs et de sols constituent la toile sur laquelle Gianfranco Iannuzzi, Renato Gatto et Massimiliano Siccardi, spécialistes d’installations monumentales sons et lumières, reconstituent avec brio les grandes pièces de l’artiste. Période néoclassique, sécession, influence impressionniste, l’exposition est théâtralisée en trois actes et l’accent est mis sur le cycle d’or de l’artiste. La dimension monumentale permet de mettre les détails en exergue. Les jeux de lumières peignent sous nos yeux les pièces maîtresses de la collection, dans une luxuriance de dorures géométriques, sur fond de Wagner et de Beethoven.

Si l’oeuvre étincelante se prête tout particulièrement à la projection, l’Atelier des Lumières propose également une envolée lyrique à base d’algorythmes, signée par le collectif Ouchh, dont le résultat surprenant et inhabituel n’en est pas moins séduisant.

 

Bahia L.

 

Quand la technologie fusionne avec l’art, le public en prend pleins les yeux et les oreilles. L’exposition Klimt à l’atelier des lumières qui se déroule du 13 avril au 11 novembre en est l’archétype. Entrez dans cette ancienne manufacture du chemin vert pour vivre une expérience réveillant vos sens de la vision et de l’écoute.

Le principe est toujours le même, une salle exposant des oeuvres d’un peintre de renom, Gustav Klimt. Pourtant, quand, d’habitude, ils vous faut déambuler au gré des oeuvres pendus à leur cimaise. Ici, il faut s’asseoir le plus au centre possible afin d’en regarder tout autour de vous la projection. Et la, il faut saluer le travail de montage car le spectacle est saisissant, les images défilent à un rythme rapide mais mesuré et ce qu’on voit est un condensé des chefs d’oeuvre du créateur, de ses débuts en art classique, à son époque de la secession et de sa rupture. Les oeuvres sont rarement projetés en intégralité, mais sont plutôt coupées et morcelées pour mieux en cerner les détails. Le tout plongé, dans le noir évidement et accompagné d’une musique classique et sophistiquée, Debussy, Kimmo Pohlonen quartet,… Vu la configuration de la salle et ses pylônes, mieux vaut accepter de ne pas tout voir. Cette exposition aussi belle soit-elle, est un peu une réponse à une demande de consommation de masse de l’art. Vous les voyez, ces touristes, avancer au pas de course, téléphone portable à la main, clic clac, une photo et j’avance, je sors, j’ai tout vu mais j’ai rien vu. L’exposition vous laissera sans doute la même impression car nul doute que personne ne pourra dire quelle oeuvre il a vu, sauf à les connaitre au préalable bien sur. Pour les néophytes, elle aura donc l’intérêt d’une attraction, et elle fera plaisir aux connaisseurs qui pourront revoir 30 ans d’histoire de l’art de Klimt sous un angle nouveau et disruptif.

Comptez 40 minutes pour Klimt puis une dizaine de minutes pour la projection dédiée aux oeuvres d’Hundertwasser ainsi que pour la projection plus expérimentale de Poetic AI (Intelligence Artificielle).

Clara

 

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