Josef Sudek

Josef Sudek : le monde à sa fenêtre

Les vrais amateurs de photographie aiment cet art lorsqu’il est exercé avec maîtrise et passion. Vous aussi ? Cela tombe bien, nous avons quelque chose pour vous ! Considéré comme le plus important photographe tchèque, Josef Sudek fait l’objet d’une exposition intimiste intitulée «Le Monde à ma fenêtre» organisée au Jeu de Paume  du 7 juin au 25 septembre.

Josef Sudek

Josef Sudek (1896 – 1976) est un artiste qui nous touche et que l’on peut qualifier de bouleversant. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un œil à ses nombreux tirages classés pour l’occasion en diverses thématiques, allant des promenades nocturnes, aux paysages naturels ou urbains jusqu’aux séries qui constituent une grande partie de ses projets artistiques.

Travaillant à partir des procédés comme la gélatine argentique et l’oléobromie, Josef Sudek obtient des effets d’ombres et de lumières estompées particulièrement techniques. Les contours flous et les formes brumeuses inspirent une certaine mélancolie caractéristique de l’artiste dont la série photographique «Depuis ma fenêtre» en est le paradigme.

Josef Sudek

La fenêtre de mon atelier, vers 1940-1954

« Depuis ma fenêtre » est une série de photos, qui comme son nom l’indique, a été réalisée depuis la fenêtre de l’atelier de Sudek. Fonctionnant un peu comme un hashtag Twitter, #Depuismafenêtre permet à l’auteur d’explorer divers phénomènes de manière plus approfondies notamment les effets de buées et de gouttes d’eau sur la vitre : « La fenêtre de mon atelier », vers 1940-1954 et « La dernière rose », vers 1956. Le traitement de la lumière est saisissant dans ces tirages car l’artiste joue avec les contrastes entre espace intérieur et extérieur. Le rendu flou causé par l’humidité et le ruissellement de l’eau participe à la dimension onirique de son travail. Le résultat est du plus bel effet !

Particulièrement touché par la déforestation inhérente à l’industrialisation de son pays, Sudek nous offre quelques vues panoramiques de la campagne environnant Prague (le saisissant « Paysage de Melnik », 1959) et de l’urbanisation galopante. Ensuite, il nous ait donné à voir les quelques représentations de portraits de ses amis et artistes : des clichés psychologiques avec des poses plutôt dynamiques pour l’époque !

Josef Sudek

La dernière rose, 1956

La grande particularité de son art, et son originalité, c’est qu’il parvient à imprégner son univers quotidien d’une grande poésie en immortalisant des instants en apparence anodins. On constate rapidement que la figure de l’homme est majoritairement absente de son travail (hors portrait). Ce n’est pas ce qui intéresse Sudek, plus confortable avec des photographies de paysages désolés ou de nature morte, cet aspect traduit la personnalité de l’artiste. Insolite, Josef Sudek ne jetait rien, il conservait en effet un nombre incroyables d’objets divers et variés dans son atelier qu’il utilisait pour composer ces tirages. Ce capharnaüm artistique nous est présenté dans la dernière partie de l’exposition. Monsieur ne rangeait pas sa chambre et en faisait de l’art ! Si les enfants l’apprenaient…

Très bien documentée, technique et plutôt courte cette exposition monographique sur l’œuvre de Josef Sudek est une excellente surprise. Au travers de nombreux thèmes explorés dans les différentes salles, on prend immédiatement part à l’univers riche en émotion du photographe tchèque. Nous avons spécialement apprécié la partie sur les promenades nocturnes. Et vous ? Pour le savoir, rendez-vous au Jeu de Paume avant le 25 septembre !

Josef Sudek

Paysage de Melnik, 1959

Josef Sudek

Prague la nuit, vers 1950-1959

 

Quand ?

Du 7 juin au 25 septembre 2016

Où ?

Jeu de Paume

Tarifs ?

10 € / 7,50 €

Les «mardis jeunes» : entrée gratuite pour les étudiants et les moins de 25 ans inclus, le dernier mardi du mois de 11 h à 21h.

S’y rendre :

1, place de la Concorde
75008 Paris

En métro :
Lignes 1, 8 et 12 station Concorde

Alexis Ozouf

Vous avez apprécié cet article ? La rédaction vous conseille :

Louis Stettner au Centre George Pompidou

About Alexis Ozouf

Grand invocateur de phrases de plus de 20 mots, je suis l’ennemi numéro 1 de Wordpress.