Rencontre des « Charlotte Fever »

Dimanche 29 Novembre 2020. Le rendez-vous Skype avec « Charlotte Fever » est fixé à 11H. L’époque ou les rencontres se faisaient dans un bar ou un café semble être un lointain souvenir et les retards liés aux aléas des transports en commun, une réalité ancestrale. Aujourd’hui, c’est à la connexion wifi que l’on est suspendus. Un premier appel d’Alexandre, «désolé je ne te trouve pas sur Skype, tu as bien un compte ? » puis c’est au tour de Cassandra. On fini par parvenir à s’appeler et se voir par écrans interposés.

L’interview peut démarrer. 

Charlotte Fever c’est deux musiciens, Alexandre, guitariste, auteur, producteur, interprète et Cassandra aux claviers, autrice et compositrice. Pas de « Charlotte » à l’horizon, mais alors pourquoi ce nom, « Charlotte Fever » ? 

Cassandra – Ce prénom n’a rien à voir avec moi, le but c’était de mettre en lumière une personne qui soutient le projet depuis le début et qui est maintenant notre manager.

Alexandre – C’est surtout quelqu’un qu’on aime profondément. C’est une façon de lui rendre hommage

Et pourquoi « Fever » ? 

Alexandre – La première fois qu’on a fait de la musique avec Cassandra, c’était un jour ou Charlotte avait un rhume !

Cassandra – Et ça rejoignait l’esprit disco et l’idée de la fièvre du samedi soir !

Cet esprit disco qu’on retrouve notamment dans La fille du ciel.

Quand parfois les groupes sont constitués par raison, ici, ce sont deux amis. Amis de longue date, Cassandra rejoint Alexandre dans son groupe de rock/psyché, avant de fonder avec lui Charlotte Fever.  

Disco, solaire, dansant,…rapidement, ces mots viennent à la bouche, à l’écoute de leurs morceaux. Sur le papier, les deux jeunes artistes définissent leur musique comme de la « pop caniculaire » en tout cas « c’est ce qu’ils écrivent sur leur présentation ». En réalité, ils préfèrent se définir grâce à leur projet et leurs influences.

Quelles sont vos influences ? 

Alexandre – Sebastien Tellier, Tame Impala, Ceronne, Niagara, c’est ce genre de groupes qui nous ont aidé à façonner notre style.

Et au contraire, est-ce qu’il y a des groupes qui vous séparent ? 

Alexandre – Globalement, Cassandra aime tout ce que j’aime mais l’inverse n’est pas vrai. Elle est plus ouverte d’esprit que moi. Même si j’écoute aussi beaucoup de musique. On se tient au courant de toute la pop française.

Cassandra – A deux, on couvre un maximum de styles !

Quand ils évoquent leur veille constante à ce qui se fait musicalement, en fan incontestable, je leur demande : « Abonnés aux Inrocks ? » 

Alexandre – Je ne connais pas très bien. La musique, je la découvre en surfant sur internet et sur Spotify. J’ai aussi découvert tellement d’artistes grâce à Last FM. C’est un site qui comme Spotify ou Deezer, te propose des artistes que tu serais susceptible d’aimer. 

Cassandra – Je suis un peu comme Alex mais c’est aussi grâce aux clips que je découvre des groupes. Je vais commencer à kiffer la musique parce que le clip est trop bien. Si j’avais écouté certains morceaux sans voir le clip, je n’aurai peut être pas eu le même rapport. 

Vous sortez un EP en février 2021, comment décririez-vous l’univers ? 

Alexandre – Il est très érotique, d’ou le nom « Erotico ». Le corps de la femme est mis en avant car artistiquement, il nous inspire. L’EP a aussi un côté disco et moins summer que le premier. C’est un mélange de mélancolie, de tropical et au centre, le corps de la femme. 

Une nouvelle érotique accompagne l’EP, est-ce à la genèse du projet ou l’inverse ? 

Cassandra – On a composé un EP entier de 5 morceaux et à la suite de ça, on a voulu travailler sur plusieurs supports pour lui donner une autre dimension. On a rencontré l’autrice, Lucie Bremaut, on lui a proposé d’écrire une nouvelle pour chaque son. Ensuite cinq illustratrices ont produit cinq dessins pour illustrer les nouvelles. L’EP va sortir avec un book de lettres érotiques. Il y aura cinq nouvelles et cinq illustrations pour accompagner l’EP. 

Alexandre – Des illustrations réalisées par des illustratrices incroyables. On est absolument fans. 

Cassandra – C’était pas des potes à nous mais elles ont adoré le projet et ont accepté de collaborer avec nous. 

Cette rencontre est réalisée le lendemain d’une première partie de second confinement qu’on ne peut passer sous silence !  

Que faites vous pendant cette période de confinement, est-ce propice à la création ? 

Alexandre – De la cuisine !

Cassandra – Malgré le confinement, on a quand même eu un peu d’actualité. On a participé à un live dans le restaurant, « Gros Bao », puis dans un kebab (trop trop bien!). On a tenu une résidence de 5 jours à La Seine Musicale à Boulogne. Sinon on compose. Cela n’a pas vraiment chamboulé le côté musical.

Alexandre – On s’est adaptés, on est rentrés dans une grosse phase de composition. 

Et quand vous n’êtes pas confinés, que faites-vous ? 

Cassandra – J’adore aller au restaurant. C’est ma passion dans la vie ! La plupart du temps je suis dans le restaurant de mes amis : « Aujourd’hui, Demain », un restaurant vegan dans le 11ème. C’est un peu ma deuxième maison. Je suis plus restos que fête. 

Alexandre – Des diners, beaucoup de restos. J’aime beaucoup la chaîne Big Mama. La gastronomie italienne c’est un peu mon truc. Ils la font sentir et ressentir dans leur plat. 

La cuisine, vous inspire ? Est-ce qu’il faut avoir le ventre plein pour bien composer ? 

Cassandra – Pas spécialement mais quand on compose on veut faire voyager les gens vers des endroits agréables. Il y a ce parallèle entre la musique et la nourriture, cette envie de voyager. Après, je n’ai pas forcément le ventre plein quand je compose. Quand on est dans notre lancée, on a peur de la perdre donc parfois on ne dîne même pas. 

Alexandre – On a plutôt l’habitude d’imaginer des paysages idylliques dans lesquels ont se sent bien et planter un décor graphique. En général on y plante des corps nus, qui déambulent sans raison. Ce sont des inspirations plus graphiques que sensorielles. 

On arrive sur les questions de la fin, c’est quoi votre série préférée ? 

Alexandre – Je regarde pas de série, j’aime pas ça !

Cassandra – J’ai pas de série préférée, j’en regarde beaucoup trop. Stranger Things, ça reste une des séries les plus marquantes. On regarde Stranger Things, presque plus pour la musique que pour la série. L’univers sonore nous inspire beaucoup. On essaye de répliquer certaines ambiances dans notre musique. 

Alexandre – Le cinéma, de par sa musique et ses images nous inspire globalement. 

Comment vous voyez l’avenir musicalement ? 

Alexandre – On est plutôt optimistes et on essaye de voir le verre a moitié plein. 

Cassandra – Il ne nous est arrivé que des belles choses depuis le début du projet et même le confinement n’a pas arrêté ça, on continue notre aventure. On va continuer à se concentrer sur notre kiff. 

S’il y avait un endroit où vous souhaiteriez vous produire, ça serait ou ?

Alexandre – J’adorerais jouer au Trianon. C’est une magnifique salle avec une super acoustique. J’y ai vu plein de concert que j’ai adorés et la salle n’est pas massive mais très très belle. 

Cassandra – Le Divan Du Monde ! J’aime bien quand le lieu n’est pas trop grand. Tant que je peux voir le visage des gens, ça me plaît. 

Clara S.

Les liens :

About Clara S.

Créatrice du site Eklektike.com. Explorer, tester, goûter, découvrir, repousser ses limites, courir, sauter, voyager,... Alsacienne d'origine et de coeur, parisienne d'adoption et de coeur,...