Journal de mon confinement #12

Samedi 28 Mars

Deuxième week-end de confinement. Les moindres notes de musiques de n’importe quel morceau me donnent la bougeotte et je me met à danser sur place, toute seule. Je veux faire la fête. Tout le monde me manque. Le soleil me nargue à travers la verrière.

9h12

Je fermente encore des yaourts, je cuis de nouveau du pain…

10h23

Petit coup de ménage dans toute la maison, et grand pétage de plombs. Mon côté perfectionniste et l’ennui aidant, je me lance dans une bataille de poussière avec le tapis. Pendant plus d’une heure, à quatre pattes, aspirateur en main, je fouille les moindres interstices de la fibre de chanvre qui constitue notre tatami. Je ne veux d’aide de personne, je me sens investie d’une mission divine que moi seule peut mener à son terme. L’issue du combat ? Match nul entre le tapis et moi. L’aspirateur a lâché prise le premier.

11h47

Je démarre un apéro-visio. A. se connecte. Je reconnais son appart à travers l’oeil de la webcam. Le salon où on célèbre régulièrement la veille de Noël, la cuisine transformée en fumoir lors de ces soirées. Je remarque des changements. La vitre de la porte de la cuisine a été réparée. E. l’avait cassée d’un coup de twerk avec ses fesses, lors d’une soirée arrosée qui a dégénéré en bataille de marqueur. Je découvre que le salon donne sur un balcon dont j’ignorais l’existence… Je demande une visite virtuelle. Aujourd’hui, malgré le confinement, j’ai vu le soleil Alsacien.

14h52

Moment dessin animé avec mon petit bout. On continue sur notre lancée « Studio Ghibli ». Au programme ce samedi : « Nausicaa de la vallée du vent »

C’est de circonstance. Le film raconte l’histoire d’un monde, tellement pollué par les industries, qu’une forêt toxique y a poussé. Les êtres humains sont désormais obligés de se protéger en portant des masques pour respirer, car l’air est empoisonné et ronge leurs poumons. A la différence qu’ils ne sont pas confinés et se déplacent en planant sur d’immenses cerfs volants.

Pendant ce temps, on perçoit, de loin, la voix de Clara qui réalise l’interview de Toukan Toukän en visio-conférence.

17h09

Temps de gymnastique ! Ma moitié suit un entraînement type bootcamp avec pompes, gainage, corde à sauter… Yoga pour ma part, salutations au soleil, pranayamas, savasanas, et autres mantras. Rafael s’entraîne à l’équilibrisme sur des altères.

19h25

Préparation d’un couscous minute en temps de pandémie. J’espère que ma maman pardonnera cet affront à l’éducation culinaire que j’ai reçue.

  • Semoule en sachet
  • Ratatouille en boîte
  • Pois chiches en conserve
  • Boulettes de viandes Charal
  • Un four micro ondes
  • Un savon de Marseille
  • Deux grammes de Ganja

Se laver les mains. Effriter la beuh. Se laver les mains. Suivre les indications du paquet pour cuire la semoule. Rouler le joint. Laver les boîtes de ratatouille et de pois chiches. Se laver les mains. Ouvrir les conserves. Décongeler les boulettes. Confier la cuisson à ton micro ondes. Se laver les mains. Pour se mettre en appétit, fumer le joint, tu en aura besoin.

20h23

« Maman, ça va durer jusqu’à quand le confinement ? »

Episode précédent : Journal de mon confinement #10 & 11

About Bahia L.

A mes inexistantes heures perdues, je cultive l'ennui et la lenteur, et n'ai de meilleure compagnie que celle du vide et du silence. Le reste du temps, j'aspire à ne rien faire. http://eklektike.com/ https://www.facebook.com/bahia.lachnani